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E-commerce et sécurité : résultats et analyses
Format PalmPilotFormat allégé pour impression
par Laurent Bernat - 02 mai 2001
 
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5 - Début du cryptage

Point testé

Le cryptage est-il mis en place seulement à partir de la saisie des informations de carte bancaire ou plus tôt, dès la saisie d'informations personnelles (comme les coordonnées de l'internaute, par exemple) ?

Méthode

  • Simulation de la commande jusqu'au paiement.
  • On exclura les sites de banque et bourse puisqu'ils ne proposent pas de fonctionnalité de paiement en ligne

Résultats

Pourcentages Uniquement
au paiement
Dès la saisie
d'info. perso.
Banque - Bourse -- --
Biens de consommation 60,3% 39,7%
Culture - Loisirs 46,5% 53,5%
Maison - Électro-ménager - Hifi 54,9% 45,1%
Total 84,9% 15,1%

Volume Uniquement
au paiement
Dès la saisie
d'info. perso.
Banque - Bourse -- --
Biens de consommation 41 27
Culture - Loisirs 40 46
Maison - Électro-ménager - Hifi 28 23
Total 109 96
nb : - calculés sur la base du nombre de sites sécurisés
- les sites de bourse et de banque ont été testés sur leur fonctionnalité "accès à votre compte". Ils n'entrent donc pas dans ces résultats.


Analyse

Pour 53 % des sites, seule la carte bancaire mérite le cryptage

Chacun comprend aisément que des numéros de carte bancaire soient protégés car on imagine fort bien ce que leur piratage pourrait signifier. Cependant, 53 % des sites considèrent que c'est la seule information qui mérite une protection. Le reste des échanges entre le site web et l'internaute peut donc être intercepté et exploité par n'importe quel acteur du réseau : utilisateur d'un ordinateur sur le même segment du réseau local, administrateur réseau dans l'entreprise, personnel intervenant chez le fournisseur d'accès ou tout autre opérateur sur le chemin des données jusqu'au serveur.

Il est vrai que les échanges ne revêtent pas toujours un caractère de confidentialité : lorsqu'il achète un livre sur un site web, que gagne l'internaute à ce que ses coordonnées soient cryptées ? Peut-être rien. Mais que perd-il à ce qu'elles ne le soient pas ? Peut-être tout. L'achat d'un livre est un bon exemple : il peut-être révélateur d'opinions politiques, philosophiques ou religieuses, de moeurs, de centres d'intérêts ou même d'un état de santé qui doit pouvoir rester dans la sphère privée. Ces informations ne regardent ni le fournisseur d'accès, ni l'administrateur du réseau local. Certes, ces derniers s'engagent sûrement à ne pas exploiter ces données. Mais s'ils le peuvent techniquement, le risque est bien là. Alors, puisque le serveur peut aussi protéger ces données-là, pourquoi s'en prive-t-il alors que les internautes apprécieraient certainement ce geste, pour peu qu'on les en informe avec précision (cf. p.##) ?

Finalement, pourquoi ne pas crypter au moins les informations nominatives ? Certes, le passage en mode HTTPS peut prendre quelques ressources supplémentaires sur le serveur. Mais le cryptage de quelques pages supplémentaires, s'il peut augmenter le niveau de confiance de l'internaute dans l'entreprise, doit être considéré comme un élément de son positionnement marketing.
 

6 - Vérification de la cryptographie

Point testé

Les informations que le navigateur affiche automatiquement pour indiquer à l'internaute que la transaction est sécurisée sont-elles masquées par un gadget ergonomique de type cadres (frames*) ou popup ?

Méthode

  • Simulation de la commande et observation du comportement de l'interface (cf p.##).

Résultats

Pourcentages Visible Invisible
Banque - Bourse 83,0% 17,0%
Biens de consommation 85,3% 14,7%
Culture - Loisirs 86,0% 14,0%
Maison - Électro-ménager - Hifi 86,3% 13,7%
Total 84,9% 15,1%
nb : % sur la base des sites sécurisés

Volume Visible Invisible
Banque - Bourse 83 17
Biens de consommation 58 10
Culture - Loisirs 74 12
Maison - Électro-ménager - Hifi 44 7
Total 259 46

 

Analyse

15 % des sites web ont une ergonomie qui cache la sécurité

Pour vérifier qu'une page est sécurisée ou non, l'internaute dispose de deux indicateurs qui ne requièrent aucune manipulation (cf.) :

  • le cadenas dans la barre d'état du navigateur : présent (pour Internet Explorer) et fermé (pour Netscape),
  • l'adresse de la page, telle qu'elle apparaît dans la barre d'adresse : sécurisé avec https:// au lieu de http://,

Si ces deux conditions sont respectées, c'est que la requête qui a demandé la page et la page elle-même ont été cryptées pendant leur circulation sur Internet.

Ces indicateurs sont importants puisqu'étant affichés par le navigateur, ils sont totalement fiables, à la différence des affirmations du site web dans ses pages. Ils peuvent donc soit confirmer le discours du site sur la sécurité, pour peu que ce dernier aide l'internaute à en comprendre le fonctionnement, soit l'infirmer, si la conception des pages a pour effet de les masquer. Dans ce dernier cas, l'internaute doutera de la réalité de la sécurité et, encore plus méfiant qu'au départ, stoppera certainement son achat. En utilisant des cadres (ou frames) ou en ouvrant des fenêtres séparées (popups) dont la barre d'état ou d'adresse est masquée, le designer du site peut involontairement masquer ces indicateurs. Si elle n'est pas conçue avec précaution, une page composée de plusieurs cadres peut être perçue comme non sécurisée alors qu'elle l'est. Il suffit pour cela que la page qui l'appelle (celle qui contient la balise ) ne soit elle-même pas sécurisée. Pour décider d'afficher le cadenas dans la barre d'état, le navigateur privilégie le fichier qui structure les autres cadres. L'adresse de ce fichier est également utilisée pour l'affichage dans la barre d'adresse. Elle commence donc par http:// même si le cadre, à l'intérieur de la page, est sécurisé.

En Javascript, il est également possible d'ouvrir une fenêtre séparée en lui supprimant sa barre d'état, sa barre de boutons et sa barre d'adresse. Lorsqu'il est utilisé pour une fenêtre sécurisée, cette fonctionnalité parfois utile empêche l'internaute de contrôler aisément cette sécurité.

Dans tous les cas, il est possible de consulter les propriétés du cadre pour voir la vraie adresse du fichier et d'en connaître la protection (avec "Bouton droit - Propriétés" pour Internet Explorer et "Bouton droit - Informations sur le cadre" pour Netscape). Mais cette manipulation est compliquée et méconnue de la plupart des internautes.

Dernier cas déroutant pour l'internaute, lorsque le formulaire de saisie du mot de passe ou des informations de carte bancaire est situé sur une page elle-même non sécurisée. Objectivement, les informations qu'elle contient n'ont aucun intérêt à être cryptées : elles ne sont pas confidentielles puisqu'elles ne contiennent que le formulaire vierge. C'est la requête suivante qui contiendra les données saisies par l'internaute. Cependant, si la page qui contient le formulaire de saisie n'est pas cryptée, rien n'indique que la suite de l'enchaînement des pages sera sécurisée.

Dans ce cas, le seul moyen d'en être sûr consiste à ouvrir le code HTML de la page et à y recherche la présence d'une URL contenant "https://" dans l'attribut action de la balise <form>... Mieux vaut ne pas compter sur l'internaute pour effectuer ce genre de vérifications. Ce cas se présente tout particulièrement lorsque la saisie du mot de passe est possible sur la page d'accueil du site qui est rarement sécurisée par défaut.

Suite : Conclusion
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 L'étude !
Ils en ont parlé :
ZDNet, Europe 1,
SVM,
Transfert, Journal du Net,
France-info,
Le monde.

Et la réponse des banques aux questions de ZDNet...



 Citation  !
Jacques Chirac a déclaré :
Il faut que "les professionnels et les pouvoirs publics s'entendent pour garantir la confiance et la sécurité sur Internet par une réglementation adaptée" (16.2.2001)

Mais la réglementation n'est-elle pas déjà en vigueur ?
Encore faudrait-il que les entreprises l'utilisent et en informent les internautes !
Source :
L'intervention de J. Chirac



 Long  !
Casser 64 bits :
C'est ce qu'essayent de faire des milliers d'internautes. En 1300 jours, ils n'avaient pas encore testé 50% des clés (en mai 2001). Alors qu'une clé de 40 bits a été cassée en 3,5 heures dès 1997 avec moins de 300 ordinateurs..

Source :
Distributed.net, page de statistiques



 Citation  !
Le Premier ministre a dit :
"La confiance est une garantie du succès de l’internet". Il a raison. Mais pourquoi les entreprises n'utilisent elles pas les moyens techniques à leur disposition pour établir la confiance ? A quoi ça sert que Matignon se décarcasse ?
Source :
Le discours de Lionel Jospin



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Page créée le 02 mai 2001 et modifiée le 20 mars 2008
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